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lire l'interview de Guillaume Bernard et Aldrick Guadagnino (guitares)


Les quelques titres acoustiques publiés par Klone sur les réseaux sociaux préparaient le terrain depuis un moment déjà, tout comme leur dernier album en date, composé de cette façon. Ce début d'année est donc placé sous le signe de l'acoustique pour les Poitevins, avec un album le 17/02 sobrement intitulé Unplugged, ainsi qu'une tournée à quatre dont fait partie l'accordéoniste Armelle Doucet. Yann Ligner, pour qui c'est l'occasion ici de mettre encore davantage son chant en avant et en valeur, a accepté de répondre à quelques questions.

Klone existe maintenant depuis déjà une vingtaine d'années ; quel regard portes-tu sur votre parcours à ce jour depuis que tu as rejoint le groupe ?
Yann :
Depuis que le groupe existe, nous avons enregistré 7 albums, 2 EPs, et nous avons fait aux alentours de 400 concerts à travers plus d'une trentaine de pays, en passant par les pays scandinaves, le Maroc, la Turquie, l’Australie... On a rencontré plein de gens et partagé la scène avec beaucoup de groupes français et internationaux. Rien que pour ça, ça valait le coup de le faire ! Musicalement, on a toujours fait la musique qu’on voulait entendre. On en tire évidement une grande satisfaction, et en même temps il y a encore beaucoup de choses à faire.

Comme beaucoup de formations metal, le style de Klone a évolué vers quelque chose de plus "posé" : est-ce dû au passage du temps, à des envies différentes ?
On essaye de se renouveler à chaque album. Ça faisait un moment qu’on avait en tête de faire quelques choses de plus épuré, de plus acoustique. Le virage s’est amorcé sur Here comes The Sun, où la saturation des guitares et du chant s’est moins fait ressentir. Puis nous avons poussé le bouchon plus loin avec l’album Unplugged en épurant au maximum les morceaux, jusqu’à se passer du basse/batterie si important dans la formation "électrique". A vrai dire, on ne cherche pas vraiment à trouver un style précis et à s’y cantonner, mais plutôt à expérimenter et explorer la musique comme elle nous vient. Alors je pense qu’il y a forcément des envies différentes qui s’installent au fur et à mesure du temps.

Tool est l'un des groupes auxquels Klone a déjà été comparé (en même temps, comme c'est très souvent le cas). S'il y avait un rapprochement à faire, pour moi ce serait surtout du côté de votre exigence et de la qualité de vos compos et albums. De votre côté, vous retrouvez-vous en eux par certains aspects ?
Tool a évidement fait partie de nos influences, mais comme beaucoup d’autres groupes. Le fait d’être exigeant et d’essayer de proposer des morceaux de qualité n’est pas un rapprochement spécifique à Tool, mais plutôt un parti pris interne au groupe et à ce que l’on souhaite proposer aux gens. Tool comme beaucoup d’autres groupes ont une exigence et une qualité de travail. Fut une période, on nous comparait souvent au eux ; c’est une comparaison flatteuse car on apprécie tous ce groupe, mais comme toute comparaison il y a un moment où tu préfères que les gens voient en ta musique son identité propre plutôt qu’une comparaison à tel ou tel groupe. Mais c’est le jeu !

A la sortie de Here comes the Sun, vous sembliez un peu hésitants à proposer un album acoustique. Qu'est-ce qui vous a finalement décidé à vous lancer ?
A la sortie de Here comes The Sun, nous nous sommes surtout concentrés sur les concerts qui arrivaient. L’idée de faire un album unplugged a mis du temps à mûrir car le procédé était vraiment different de ce qu’on pouvait faire habituellement, même si l’idée était la depuis un moment déjà. Ce qui nous a réellement mis le pied à l’étrier a été cette proposition d’ouvrir en 1ère partie de Anneke van Giersbergen [l'ancienne chanteuse de The Gathering] sur 3 concerts courant 2016. Cette opportunité a accéléré le processus de travail sur ce set acoustique. Nous avons pas mal répété pour retravailler les morceaux différemment, puis nous nous sommes lancés. Les 3 concerts se sont très bien passés, et l’accueil du public a été très encourageant. Puis ça nous a boosté pour enregistrer un album complet. Par la suite, on a eu l’opportunité d’investir le Théâtre de la Coupe d’Or à Rochefort. C’était l’occasion rêvée d’enregistrer nos morceaux dans un lieu magnifique, autant sur le plan visuel qu'acoustique.

Comment s'est passé l'enregistrement comparé à vos productions précédentes ?
C'était très différent des autres enregistrements. Pour l’album Unplugged, nous avons décidé d’enregistrer tous ensemble, chose que l’on avait rarement fait auparavant. La nouveauté a également été d’enregistrer sans métronome. Dans ce cas précis, on ne souhaitait pas être trop "cadrés" rythmiquement, mais plutôt laisser place à quelques choses de plus vivant. Le fait de jouer une musique plus minimaliste est une autre forme de complexité ; tout est plus "fragile", les imperfections deviennent plus perceptibles, et en même temps on trouve que c’est ce qui en fait le charme. Le tout étant bien sûr de trouver un équilibre.
Pour l’enregistrement, on a travaillé avec notre pote et ingé son qui nous suit habituellement en live, Chris Edrich, pour les prises de son et le mix, accompagné de son acolyte Pierrick Noël pour le mastering.



En ce qui te concerne, comment as-tu abordé cela ?
Malgré que je sois vocalement plus "à nu" sur cet album, mes parties restent relativement similaires aux versions électriques, à peu de chose près. C’est surtout l’intention et l’interprétation qui diffèrent. Le contexte est plus délicat et fragile, et il fallait trouver un nouvel équilibre pour porter la musique. Et c’est ce qui donne aussi une sensibilité différente par rapport aux morceaux électriques.

Vous avez déjà plusieurs reprises à votre actif depuis celle de Björk ; revisiter des standards est-il un exercice que vous appréciez particulièrement ?
Oui, on trouve que c’est toujours un exercice intéressant de revisiter des morceaux, qui plus est déjà forts dans leur version originale. Il y a toujours une part de risque (tout est relatif, bien entendu...), et le challenge est là. Le but est évidement de ne pas être hors sujet, et en même temps de ne pas proposer une pale copie de l’orignal. La frontière reste mince, et c’est ce qui est intéressant dans ce travail.

Puisque vous reprenez "People are People", que penses-tu de la version par A Perfect Circle et de leur album EMOTIVe ?
Je ne me souvenais pas qu’ils avaient repris ce morceau, ou du moins je n'en garde pas un souvenir impérissable (voire un souvenir tout court). Je l’ai réécoutée, et la sensation est restée un peu la même. Je préfère de loin leur reprise de "Imagine".

J'imagine que tes inspirations sont très variées, mais y a-t-il des sujets, des auteurs ou des oeuvres en général qui résonnent particulièrement en toi ?
Dans l’univers de Klone, j’aime développer l’aspect et le côté onirique des paroles. Mais c’est la musique qui va réellement me donner le contexte et qui va guider le choix des mots, des notes, de l’intention, etc. Dans mon travail, je commence la plupart du temps par trouver mes lignes de voix, puis le texte vient ensuite se greffer. L’inspiration va venir dans un premier temps de ce que la musique me véhicule, puis elle peut parfois rebondir sur un texte lu, un film ou un reportage, un dessin ou une peinture, un paysage... Pour résumer, je n’ai pas vraiment d’oeuvres particulières auxquelles je me réfère, tout dépend du contexte musical.

En tant que songwriter, que penses-tu de l'écriture de Maynard James Keenan ?
A vrai dire, je ne me suis jamais vraiment penché sérieusement sur ses textes. Je sais qu’il a utilisé des principes de composition comme la suite de Fibonacci sur le morceau "Lateralus", et qu’il tire parfois le portrait satirique de son pays et de ses institutions, notamment sur des morceaux d'APC.

Enfin, vous n'avez pas l'air trop branchés vidéos. Est-ce un choix personnel ou un manque de moyens comparé à ce que vous souhaiteriez obtenir ?
Si tu parles de vidéos pendant nos concerts, effectivement nous n’avons que très peu exploité ce côté-là. Logistiquement, c’est quelque chose de lourd, ça demande beaucoup de travail et quelqu’un qui puisse être entièrement dédié à ce poste-là. Mais c’est un aspect auquel on pense de plus en plus aujourd’hui, notamment avec la tournée acoustique qui arrive. Il ne s’agit pas de proposer de la vidéo pour de la vidéo, mais de développer et amener vraiment quelque chose en plus, au service de la musique. Si c’est possible, on tentera des choses cette année.
Si tu parles de clip ou de vidéo live, et bien c’est la première fois qu’on a autant de supports visuels pour la sortie d’un album. Nous avons travaillé avec le vidéaste Julien Metter pour filmer 4 titres lors de notre enregistrement au Théâtre de la Coupe d’Or. Une vidéo lyrics de "People are People" est également en libre accès sur Internet. Puis un clip vidéo toujours réalisé par Julien Metter sortira dans quelques semaines, sur un titre inédit tiré de l’album Unplugged sous le nom de "The silent Field of Slaves".

Klone a démarré fin janvier une tournée acoustique qui passera par de nombreuses villes de métropole ; toutes les dates se trouvent sur le site du groupe : klonosphere.com/klone/#shows



         



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